treize

Fantasme sous la Douche

In "Peaches en Regalia" on 8 mars 2009 at 11:15

douche

 

Une fille se douche.

Des petits reflux de vapeur glissent sensuellement sous la porte.

Quelques petites gouttes se mettent à perler sur la poignée luisante.

Dix minutes que je la fixe. Trente minutes que l’eau coule. Une heure qu’elle a pris possession de l’endroit.

Je souris doucement, ma serviette autour du cou, mes yeux autour de ses formes imaginaires.

Elle est entrain de faire glisser mon petit marseillais sur ses courbes sales et généreuses.

La mousse pique ses grands yeux bruns dégoulinant de mascara, de vice et de rêves.

 

Un jour je rentrerai dans la salle de bain.

Je braverai la buée et la rejoindrai sous la douche.

Je lui frotterai le dos de mes ongles noirs et virils.

Mes doigts fiévreux s’enrouleront autour ses longues mèches de cheveux noirs.

Son odeur s’emparera de mes narines haletantes et sa nuque se penchera cupidement sur mon torse velu.

Elle me plaquera contre les carreaux m’empêchant de me débattre et contenir ses élans furieux.

Elle dévorera bestialement mes organes et se délectera de ma bouche suffocante.

 

Ma colocataire est Vénézuélienne.

Je n’ose même pas la regarder tellement elle est hot.

Du coup, je raconte à tout le monde que c’est un boudin et que je l’évite.

Tous les soirs je me couche en espérant candidement qu’elle vienne frapper à ma porte.

Puis qu’elle se glisse tendrement sous mes draps et se blottisse contre mon corps vierge.

La fin de l’hiver

In 1 on 4 mars 2009 at 4:52

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Tout d’un coup, elle comprit ce qu’il se passait dans la cuisine.La lueur d’espoir qui brûlait paisiblement jusqu’alors partit en fumée. La même histoire, encore et toujours. Celle d’une mauvaise série b. dont la fin est toujours prévisible. Celle que la plupart de ses amis lui ont déjà racontée. Sans doute les même sanglots et l’unique consolation de se dire que le temps efface les peines.

Malheureusement, ça n’arrive pas qu’aux autres ces choses là. La banalité de cette expression n’aurait pas du la surprendre. Mais ce n’était pas le cas, elle semblait stupéfaite, le commun lui paraissait alors inconcevable. Pas eux, non. Ils étaient tellement différents, comme tout le monde.

En fait, ça n’avait déjà plus d’importance. Il fallait désormais composer avec, tirer les conclusions de cet affront et penser à reconstruire. Il avait détruit, elle reconstruirait.

Le printemps s’annoncait plein de promesse, de fraîcheur et de renouveau. Elle s’efforcait de voir l’arrivée du soleil comme une aide divine à sortir de l’hibernation qu’il lui imposait depuis des années. Peut être se l’imposait-elle aussi par peur de l’audace suprême, la liberté.

Requiem pour une Cleptomane #1

In 1 on 14 février 2009 at 2:02

nicole

Nicole ne craint personne.

C’est que quand elle vole, elle s’envole. Prisonnière de son obsession, elle s’abandonne à ses pulsions.

L’emprunt à durée indéterminée lui ouvre les portes d’un paradis démoniaque, celui de la possession. 

Mini-jupe en cuir, vernis rouge passion, montre gold, jarretière et petits pots de Laitière: la RMiste est une artiste, aucun article ne lui résiste.

Ils ne la rattraperont pas. Nicole poursuivra, perchée sur ses talons, sa quête improbable.

Accumuler, toujours davantage, sans jamais se rassasier.

Tenter de combler le vide omniprésent d’une vie insignifiante avec un détergent ou une nouvelle brosse à dent.

Les paillettes, les lunettes, les série B., oublier de douter.

Oublier le néant.

Oublier qu’au fond il n’y a rien, juste un tas d’objets.

Le soir venu, la cigale se métamorphose en fourmi. Elle entasse dans son F2 tous ses trésors, trophées et victoires fraîchement chapardés.

Le matériel remplace les préoccupations immatérielles. Nicole alors s’endort, bercée par le ronronnement de sa nouvelle radio et le couinement de son frigo.